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Colloque des 23 et 24 Novembre : Jeunesse, éducation populaire et prévention spécialisée. L’actualité d’une utopie.

La JEEP organise un colloque rassemblant éducateurs, chercheurs, élus et habitants autour d’une question centrale : comment la Prévention spécialisée peut-elle renouveler ses pratiques sans renier ses principes ?
Lieu : Salle du Manège, rue Lyautey 67100 Neuhof.
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Synthèse du rapport d’activité 2016

Synthèse du rapport d’activité présenté lors de l’Assemblée Générale du 23 Juin 2017.

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Rapport d’activité Prévention spécialisée 2016

Rapport d’activité 2016 des actions menées par nos cinq équipes dans le cadre de la prévention spécialisée.

L’association JEEP, fondée en 1957, célèbre cette année son 60ème anniversaire en y associant tous ceux qui par leur bienveillance, leur engagement et leur soutien, contribuent à la réalisation de ses nombreuses actions.


Introduction

La prévention spécialisée est une forme d’action éducative en direction des jeunes et des groupes de jeunes, en rupture ou en souffrance, en voie de marginalisation ou déjà marginalisés, menée dans le milieu de la vie naturelle des jeunes. Cette intervention, caractérisée par le travail de rue, vise à rompre leur isolement et à favoriser leur inscription dans leur environnement.

La prévention spécialisée relève des missions de l’Aide Sociale à l’Enfance placée sous la responsabilité des Départements. La mise en place des actions ( Travail de rue et présence sociale, Accompagnements éducatifs, Développement social local, Partenariats ) s’appuie sur des principes qui fondent le cadre de l’intervention : l’absence de mandat nominatif, la libre adhésion des jeunes, la non institutionnalisation des activités.

« Prévention » , « spécialisée »

De quoi donc y a-t-il « prévention », dans la prévention spécialisée ? Avant tout du mépris de soi – reflet, souvent, du mépris des autres - et du découragement, tous deux faisant suite au sentiment d’être abandonné dans un monde hostile.

Prévention « spécialisée ». Le sens de ce dernier mot demande, lui aussi, à être précisé. Lorsqu’on a forgé cette expression, on entendait indiquer que le travail des éducateurs est, autant que possible, du « sur-mesure ». Etant donné que leur objectif est que les jeunes dits « en difficulté » retrouvent confiance en eux-mêmes – ce qui implique qu’ils puissent faire l’expérience que les adultes sont eux aussi dignes de confiance -, qu’ils découvrent leur voie propre, autonome, dans le monde, les éducateurs de prévention font un travail d’accompagnement « au plus près ». Le respect des jeunes, pour eux, c’est le respect de ce que chacun est amené à vivre, dans sa vie quotidienne comme dans l’espace plus ou moins secret de ses désirs ou de ses craintes.

La prévention est donc « spécialisée », en ce sens que les éducateurs prennent en charge ce souci du « chacun », montrant ainsi que le monde des adultes, jugé lointain et indifférent, ne cesse de prêter attention aux jeunes, et aux plus fragiles d’entre eux : ceux qui se trouvent durement confrontés à la pauvreté ou à la rareté des modèles d’identification disponibles, qui se trouvent confrontés à la part d’inconnu existant en eux, autour des rôles qu’ils assument volontiers, pour se rassurer et se sentir un peu à l’abri de cet inconnu, informe et angoissant. La prévention spécialisée, en bref, témoigne de l’active solidarité d’adultes qui n’oublient ni qu’ils ont été jeunes, eux aussi, ni qu’une part de jeunesse sommeille encore en tout adulte, et qu’il est heureux qu’il en soit ainsi.

La prévention spécialisée comprend une part collective et individuelle

L’attention à chacun, à la singularité qui constitue chacun, n’exclut pas toute action auprès de groupes. En ce cas, cependant, l’éducateur de prévention se préoccupe toujours de faire en sorte que chacun trouve dans le groupe la place qui lui permettra au mieux d’exprimer ses attentes et ses aspirations, et de faire l’expérience de ce que l’on peut, lorsqu’on coopère avec d’autres, lorsqu’on parvient à faire de la réunion de plusieurs un groupe activement solidaire.

Les principes de référence

Les principes de référence de l’action de prévention ne font que préciser les conditions fondamentales ainsi que les modalités majeures, transversales, des actions éducatives.

1. Libre adhésion.

L’action de prévention repose sur le pari que toute relation authentique est féconde, porteuse d’avenir. Tout commence donc par là : c’est librement, du fait qu’il a compris, ou tout au moins deviné (mais ce peut être parce que d’autres le lui ont dit) que la présence des éducateurs implique qu’ils sont disponibles, prêts à faire le meilleur accueil à sa demande, qu’un jeune répond à l’offre de relation qui lui est faite, directement ou indirectement.

2 Respect de l’anonymat.

La confiance fait la qualité de la relation d’accompagnement. Accompagner quelqu’un, c’est être admis par lui dans certains domaines de sa vie, être mis dans la confidence de difficultés, intimes ou difficilement exprimables, difficultés qui peuvent avoir pour origine ou pour événement déclenchant l’incompréhension de certaines des règles régissant les rôles de jeune (règles familiales, scolaires, règles de circulation, règles vestimentaires et relationnelles etc.), le refus de s’y conformer, par défi ou pour se faire une réputation de « dur » auprès d’autres jeunes …

Confident ou témoin, l’éducateur cesserait d’être considéré et reconnu comme un accompagnateur digne de confiance, si le moindre soupçon pouvait planer sur la confidentialité de ce qui, du jeune, se montre ou s’exprime à travers la relation éducative. Paradoxe apparent : le respect éducatif de la singularité de chacun exige que le sujet singulier, singularisé par un parcours parfois erratique, marginal, plus ou moins en rupture par rapport aux normes établies, ne soit pas identifiable publiquement, stigmatisé, épinglé pour longtemps pour avoir adopté un jour une conduite jugée répréhensible.

L’anonymat n’est assurément pas une façon de « couvrir » et moins encore d’excuser tout acte délictuel : c’est la condition pour que, face à un éducateur, un jeune apprenne à dire lui-même quelque chose de ses difficultés à vivre, y compris au regard de la Loi. Or, pour apprendre à vivre mieux, ne faut-il pas pouvoir dire quelque part, à quelqu’un dont on est sûr, qu’il est arrivé, qu’il arrive encore qu’on ait quelques « problèmes » avec tel ou tel représentant d’une institution publique ou avec ses proches ?

3 . Absence de mandat nominatif.

Ce n’est là que la conséquence de ce qui précède : l’action éducative de prévention repose sur l’initiative d’un jeune. La présence de l’éducateur – dans la rue ou dans un espace familier au jeune – permet que ce dernier « ose » aller vers lui, ose se présenter à lui. Il le peut, car aucune image préfabriquée, aucun cliché ne s’interpose entre eux, troublant la relation qu’ils sont appelés à construire ensemble, quand tout va mieux. Celui qui vient vers l’éducateur, c’est quelqu’un qui montre par là même qu’il a besoin de cet autre, sans savoir encore ni sans peut-être vouloir s’avouer de quoi exactement il a besoin.

4. Non institutionnalisation.

Cette même relation doit donc pouvoir continuer comme elle a commencé. En évitant que le jeune ne se sente piégé, forcé, soumis à quelque forme de chantage (affectif par exemple) que ce soit. Surtout, la relation ne doit pas s’inscrire dans un cadre rigide, trop fixe pour ne pas être ressenti comme contraignant : la difficulté pour nombre de jeunes, ne tient-elle pas au fait que les rôles assignés ou imposés leur font peur, que les règles instituées leur semblent au premier abord plus coercitives que structurantes ?

Parler de non institutionnalisation de l’action de prévention risque cependant d’engendrer certains malentendus. Car la prévention spécialisée est une institution, et qui a ses règles (dont l’anonymat, l’absence de mandat nominatif etc.). Mais si elle a ses règles, légères et minimales, la prévention se définit par un style d’action, par des actions choisies et menées dans une situation et une conjoncture données, pour tel ou tel sujet, tel ou tel groupe, spontané ou affinitaire.

« Non institutionnalisation » a en ce cas un sens précis : l’action se doit d’être pertinente, adaptée à ce que, avec des partenaires choisis, les éducateurs ont pu observer et comprendre des difficultés rencontrées par les jeunes, ajustée à ce que les jeunes eux-mêmes peuvent dire ou exprimer de leurs projets – ou de leurs rejets ; le but étant de permettre aux jeunes de « s’y retrouver », d’avoir le sentiment d’être reconnus, de réussir quelque chose qui ait du prix à leurs yeux.

« Non institutionnalisation » : autant dire que le travail éducatif est en quelque sorte « dans la rue » - expression destinée à faire image. Il s’agit d’aller là où les jeunes se retrouvent. Pas toujours dans des lieux retirés. Souvent aux portes des établissements dont, à tort ou à raison, ils se sentent exclus. Pour les aider, si possible, à franchir le seuil de ces espaces « publics », qui font partie de la vie publique et où certains services (culturels, sanitaires, économiques etc.) sont en principe accessibles à quiconque. La prévention, quant à elle, s’efforce de transformer cette accessibilité théorique en un accès réel ; elle a pour objectif que les possibilités offertes éveillent l’intérêt des jeunes et le désir, chez eux, de s’en saisir avec les autres, tout comme les autres.

5. Partenariat.

La non institutionnalisation a pour endroit ou pour complément le partenariat : la prévention spécialisée et son action ne sauraient se calquer sur les espaces dans lesquels les jeunes risquent de s’enfermer, se fermant du coup aux autres et s’empêchant de donner corps de projet – et début de réalité – à leurs aspirations. Le partenariat s’impose, dès lors que la prévention n’entend pas se substituer aux services publics existants. Son rôle, on l’aura compris, est d’accompagner des jeunes tentés par toutes sortes de repli – défensifs, identitaires, narcissiques etc. – afin qu’ils trouvent une place, leur place, dans la vie publique, dans le monde qui devrait être « commun » et qui reste incomplet en leur absence.

Les éducateurs le savent, et souhaitent que les jeunes s’en persuadent : pour trouver leur place, ceux-ci ne peuvent pas, sans se faire tort à eux-mêmes, passer durablement à côté des institutions qui structurent la vie publique, qui sont chargées non seulement du partage des différents types de biens communs (en savoir, en pouvoir, en valoir et … en avoir), mais encore de veiller au renouvellement et à l’accroissement de ces biens partageables : ce pourquoi le concours de tous, vieux et jeunes, est indispensable.

Parmi ces partenaires, on n’aura garde d’oublier ces « institutions » légères, proches, que sont les associations de quartier, au sein desquelles, souvent, les gens conquièrent leur dignité en se découvrant capables d’assumer des responsabilités et de faire vivre la solidarité associative.

C’est ainsi que la Prévention Spécialisée montre qu’elle n’a rien oublié de l’esprit pionnier des commencements, celui de l’éducation populaire, qui est une invitation à rendre le peuple sujet. Comment y parvenir ? En permettant à chacun de découvrir en quoi sa vie, ses savoir-faire, ses désirs mais aussi ses propres besoins, importent aux autres ; en quoi, autrement dit, sa vie singulière et solidaire est celle d’une personne, à la fois unique et semblable aux autres ; nullement exceptionnelle, mais pourtant irremplaçable.


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